Shalyrie

Shalyrie
.
LOLITA n.f. (de Lolita, roman de V. Nabokov). Fam. Nymphette.


Lolita, roman de V. Nabokov (1955). C'est le récit de la passion d'un quadragénaire pour une nymphette perverse, Lolita. Le roman a inspiré le film de S. Kubrick (1962)
.

# Enviado el lunes 04 de febrero de 2008 15:48

Modificado el jueves 07 de febrero de 2008 12:14

Shalyrie est Barge(avel)

Shalyrie est Barge(avel)
« Elle se pendit à son cou.
Il mit ses bras autour d'elle, la souleva et la coucha sur la molle couche de l'herbe, parmi les bêtes. Elles s'écartèrent et firent un cercle autour d'eux. Il en arrivait d'autres de la forêt, tous le chevaux blancs, les chevaux bleus, et les chevaux noirs, plus petits, qu'on ne voyait même pas sous la Lune. Et les lentes tortues sortaient de l'eau pour les rejoindre. La lumière des horizons palpitait autour d'eux aux extrémités du monde. Ils étaient seuls au milieu du rempart vivant des bêtes qui les protégeaient et qu'ils rassuraient. Il glissa sa main sous la bande qui couvrait la poitrine d'Eléa et fit fleurir un sein entre deux boucles. Il posa sur lui sa paume arrondie et le caressa avec un gémissement de bonheur, d'amour, de respect, d'admiration, de tendresse, avec une reconnaissance infinie envers la vie qui avait créé tant de beauté parfaite et la lui avait donnée pour qu'il sût qu'elle était belle.
Et maintenant, c'était la dernière fois.
Il posa sur lui sa bouche entrouverte et sentit la douce pointe devenir ferme entre ses lèvres.
-Je suis à toi... murmura Eléa.
Il délivra l'autre sein et le serra tendrement, puis défit le vêtement de hanches. Sa main coula le long des hanches, le long des cuisses, et toutes les pentes la ramenaient au même point, à la pointe de la courte forêt d'or, à la naissance de la vallée fermée.
Eléa résistait au désir de s'ouvrir. C'était la dernière fois. Il fallait éterniser chaque impatience et chaque délivrance. Elle s'entrouvrit juste pour laisser la place à la main de se glisser, de chercher, de trouver, à la pointe de la pointe de la vallée, au confluent de toutes les pentes, protégé, caché, couvert, ah !... découvert ! le centre brûlant de ses joies.
Elle gémit et posa à son tour ses mains sur Païkan.
L'horizon gronda. Une lueur verte fit un troupeau vert de troupeau des chevaux blancs, qui dansaient sur place, effrayés.
Eléa ne voyait plus rien. Païkan voyait Eléa, la regardait de ses yeux, de ses mains, de ses lèvres, s'emplissait la tête de sa chair et de sa beauté et de la joie qui la parcourait, la faisait frémir, lui arrachait des soupirs et des cris. Elle cessa de le caresser. Ses mains sans force tombèrent sur lui. Les yeux clos, les bras perdus, elle ne pesait plus, ne pensait plus, elle était l'herbe et le lac et le ciel, elle était un fleuve et un soleil de joie. Mais ce n'étaient encore que les vagues avant la vague unique, la grande route lumineuse multiple vers l'unique sommet, le merveilleux chemin qu'elle lui donnait. Et il regrettait de n'avoir pas plus de mains, plus de lèvres, pour lui faire partout plus de joies à la fois. Et il la remerciait dans son coeur d'être si belle et si heureuse.
D'un seul coup, le ciel tout entier devint rouge. Le troupeau rouge des chevaux partit au galop vers la forêt.
Eléa brûlait. Haletante, impatiente, ce n'était plus possible, elle prit dans ses mains la tête de Païkan aux doux cheveux couleur de blé qu'elle ne voyait pas, qu'elle ne pouvait plus voir, la ramena vers elle, sa bouche sur sa bouche, puis ses mains redescendirent et prirent l'arbre aimé, l'arbre proposé, approché et refusé, et le conduisirent vers sa vallée ouverte jusqu'à l'âme. Quand il entra, elle râla, mourut, fondit, se répandit sur les bois, sur les lacs, sur la chair de la terre. Mais il était en elle - Païkan - , il la rappelait autour de lui, à longs appels puissants qui la ramenaient des bouts du monde - Païkan - , la rappelaient, l'attiraient, la rassemblaient, la condensaient, la durcissaient, la pressaient jusqu'à ce que le milieu de son ventre percé de flammes - Païkan ! - éclatât en une joie prodigieuse, indicible, intolérable, divine, bien-aimée, brûlant, jusqu'à l'extrémité de la moindre parcelle, son corps, qui la dépassait.
Leurs deux visages apaisés reposaient l'un contre l'autre. Celui d'Eléa était tourné vers le ciel rouge. Celui de Païkan baignait dans l'herbe fraîche. Il ne voulait pas encore se retirer d'elle. C'était la dernière fois. Il pesait sur elle juste assez pour la toucher et la sentir tout le long de sa peau. Quand il la quitterait, ce serait pour toujours. Il n'y avait plus de lendemain. Rien ne recommencerait. Il faillit se laisser emporter par le désespoir et se mettre à hurler contre l'absurde, l'atroce, l'insupportable séparation. La pensée de sa mort proche l'apaisa.
Une lourde détonation fit trembler le sol. Une partie de la forêt s'embrasa d'un seul coup. Païkan leva la tête et regarda, dans la lumière dansante, le visage d'Eléa. Il était baigné de la grande douceur, la grande paix que connaissent après l'amour les femmes qui l'ont reçu et donné dans sa plénitude. Elle reposait sur l'herbe de tout son corps entièrement détendu. Elle respirait à peine. Elle était au-delà de la veille et du sommeil. Elle était bien partout, et elle le savait. Sans ouvrir les yeux, elle demanda très doucement :
-Tu me regardes ?
Il répondit :
-Tu es belle...
Lentement, la bouche et les yeux clos devinrent un sourire.
Le ciel palpita et se fendit. Dans un hurlement, une nuée de soldats énisors à demi nus, peints en rouge, à cheval sur leurs sièges de fer, surgit dans les hauteurs de la nuit enflammée, et coula en oblique, par-dessus le lac, vers le Bouche. De toutes les cheminées, les armes de défense tirèrent. L'armée aérienne fut ravagée, dispersée rasée, renvoyée vers les étoiles en milliers de cadavres disloqués qui retombaient dans le lac et dans la forêt. Les bêtes couraient dans tous les sens, se jetaient à l'eau, en ressortaient, tournaient autour du couple en dansant d'affolement. Une série d'explosions effrayantes souleva la forêt incendiée et la projeta partout. Une branche torche tomba sur une biche qui fit un bond fantastique et plongea. Les chevaux en feux galopaient et ruaient. Du ciel, une nouvelle armée descendait en hurlant.
Païkan voulut s'enlever d'Eléa. Elle le retint. Elle ouvrit les yeux. Elle le regarda. Elle était heureuse.
-Nous allons mourir ensemble, dit-elle.
Il glissa sa main dans l'arme abandonné sur l'herbe, se retira, et se dressa. Elle eut le temps de voir l'arme braquée sur elle. Elle cria :
-Toi !
-Tu vas vivre, dit-il.
Il tira. »

# Enviado el lunes 04 de febrero de 2008 15:59

Modificado el jueves 07 de febrero de 2008 12:15

Shalyrie n'aime pas les consonnes

Shalyrie n'aime pas les consonnes
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu: voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles;
I pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux;

O, suprême Clairon plein de strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges:
- O l'Oméga, rayon violet de ses yeux!
.

# Enviado el martes 05 de febrero de 2008 14:11

Modificado el jueves 07 de febrero de 2008 12:15

Shalyrie ne sait pas voler

Comment !
Tu es Tombé du Ciel !
.
Shalyrie ne sait pas voler

# Enviado el martes 05 de febrero de 2008 14:57

Modificado el jueves 07 de febrero de 2008 12:16

Le Spleen de Shalyrie

Le Spleen de Shalyrie









Tout m'ennuie aujourd'hui. J'écarte mon rideau.
En haut ciel gris rayé d'une éternelle pluie,
En bas la rue où dans une brume de suie
Des ombres vont, glissant parmi les flaques d'eau.

Je regarde sans voir fouillant mon vieux cerveau,
Et machinalement sur la vitre ternie
Je fais du bout du doigt de la calligraphie.
Bah! sortons, je verrai peut-être du nouveau.

Pas de livres parus - Passants bêtes - Personne.
Des fiacres, de la boue, et l'averse toujours...
Puis le soir et le gaz et je rentre à pas lourds...

Je mange, et bâille, et lis, et rien ne me passionne...
Bah! couchons-nous. - Minuit. Une heure. Ah! chacun dort!
Seul, je ne puis dormir et je m'ennuie encor.

# Enviado el jueves 07 de febrero de 2008 02:48

Modificado el jueves 07 de febrero de 2008 12:18